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Casse-croûte

Un blog politique et culturel au service d'un éco-socialisme gourmand.

Le dieu du stade

Publié le 7 Juillet 2017 par Nicolas Marjault

Nous aurons donc un stade de football flambant neuf dont l’inauguration sera calquée sur le calendrier électoral du maire. Dont acte. Au risque de choquer bon nombre d’entre vous (et je m’en excuse), un stade de football digne de ce nom était une nécessité comme d’ailleurs, la construction d’une piscine, l’édification de terrains stabilisés, la rénovation des salles vétustes, un dispositif visant à accompagner la sécurisation professionnelle des éducateurs et cette liste n’a rien d’exhaustive...

Le problème réside surtout dans le fait que le mensonge ne saurait être au fondement d’une politique publique. Lorsqu’on brise les politiques culturelles et sociales au nom des contraintes budgétaires, on ne découvre pas du jour au lendemain plus de dix millions d’Euros sous le sabot d’un cheval. Sinon, cela revient à reconnaître haut et fort que depuis trois ans, on ment impunément aux compagnies artistiques, aux centres socioculturels, aux associations de solidarité, etc.

Pour que les choix soient compris, il ne suffit pas non plus qu’ils soient légitimes car les besoins et les attentes sont infinis. Et, dans l’absolu, tout est urgent et nécessaire. Des logements pour les familles de migrants jetés à la rue, n’est-ce pas impératif ? Des repas 100 % bio dans les cantines à l’heure où les alertes sanitaires sur les pesticides sont chaque jour plus alarmantes, n’est-ce pas impératif ? Et l’avenir des ateliers de création de décor du Moulin du Roc dont la fermeture a été annoncée en juin dernier, n’aurait-il pas dû être considéré comme un impératif ?

On peut donc trouver parfaitement légitime la construction d’un stade et s’interroger cependant sur la hiérarchisation des priorités. On peut même juger prioritaire cette enceinte et s’interroger sur sa mise en œuvre. Pourquoi drainer l’essentiel de la capacité d’investissement public de la ville sur l’une des rares infrastructures sportives susceptibles de faire l’objet de financements privés ? Et pourquoi avoir pensé ce nouveau stade hors de toute réflexion sur la place du sport dans la ville ?

Il y avait à n’en pas douter d’autres chemins mais même les dieux du stade ont des élections à gagner. Dommage.

Nicolas Marjault

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